La sociologie de Norbert Elias - Nathalie HEINICH

La sociologie de Norbert Elias

Nathalie HEINICH

Né en Allemagne dans une famille juive en 1897, mort aux Pays-Bas en 1990, Norbert Elias se forme à la sociologie après des études de médecine et de philosophie, puis il enseigne en Angleterre où, fuyant l'Allemagne nazie, il s'est réfugié avant la Seconde Guerre mondiale, après une vaine tentative d'installation en France. La réception de l'œuvre d'Elias fut brouillée par ces avatars de l'histoire : ce n'est qu'à partir de la fin des années soixante que ses ouvrages commencent à être traduits en français. Ils portent sur l'histoire de l'autocontrôle de la violence et l'intériorisation des émotions (dans des domaines aussi divers que les manières de table, le sport, la musique, les rapports entre les sexes ou la mort) ainsi que sur les conséquences d'une redéfinition des relations d'interdépendance (dans le rapport au temps, au groupe de référence ou à la situation) qui ouvre à une véritable « révolution copernicienne » en sociologie. Ce livre rend compte de l'originalité d'une pensée qui a su inventer de nouveaux objets, mais aussi des façons nouvelles d'aborder la recherche sociologique.

Version papier : 10 €
Facebook Twitter Google+ Pinterest
Détails techniques
Collection : Repères n°233
Parution : 24/10/2002
ISBN : 9782707138309
Nb de pages : 128
Dimensions : 110 * 180 mm
Façonnage : Broché

Nathalie HEINICH

Nathalie HEINICH

Nathalie Heinich, sociologue, chercheur au CNRS est notamment l'auteur de La Gloire de Van Gogh (Minuit, 1991), Du peintre à l'artiste (Minuit, 1993), États de femme (Gallimard, 1996), La Sociologie de Norbert Elias (La Découverte, 1997 ; nouvelle édition 2002), Le Triple jeu de l'art contemporain (Minuit, 1998), et Ce que l'art fait à la sociologie (Minuit, 1998), et L'épreuve de la grandeur (La Découverte, 1999), Être écrivain (La Découverte, 2000).

Extraits presse

« Au moment où Norbert Elias est redécouvert par la sociologie française, presque intégralement traduit, et figure pour certains parmi les grands maîtres de la discipline, voici un petit livre qui vient à point. Il réussit le tour de force de résumer l’essentiel de l’œuvre d’Elias en quelque 130 pages. La présentation est claire, relativement exhaustive et se termine par une conclusion étoffée. L’analyse est utilement complétée par 27 encadrés qui sont autant d’extraits de textes, courts pour la plupart, généralement bienvenus. »

REVUE FRANÇAISE DE SOCIOLOGIE

« Un remarquable petit livre de synthèse. »

LE MONDE

« Par l’originalité et la multiplicité de ses sujets et par la pluralité des disciplines dont elle relève, l’œuvre de Norbert Elias (Breslau 1897- Amsterdam 1990) est aussi imposante que difficile à embrasser. C’est ce que réussit ici Nathalie Heinich en suivant Elias dans son activité favorite de saute-frontière, de la sociologie à l’histoire, de la psychologie, voire de la psychanalyse, à l’anthropologie, à la science politique… »

LIBÉRATION

0000-00-00 - PRESSE

 

Table des matières

Introduction
I. Une sociologie de la civilisation
1. La civilisation des mœurs
Sociogenèse et psychogenèse
Une explication sociologique

2. La dynamique de l’Occident
Interdépendance et équilibre des tensions
L’économie psychique
Vers une sociologie appliquée

3. Culture et civilisation
4. La société de cour
Les trois paradoxes de la société de cour
Une double distanciation

5. Un modèle discuté
Extension dans l’espace : l’universalisme
Extension dans le temps : l’évolutionnisme
Empirie et réfutabilité

II. Une sociologie des affects
1. L’autocontrôle des émotions
Engagement et distanciation
Application à l’histoire des sciences

2. De la violence au contrôle des tensions
La réduction des écarts hiérarchiques
Le sport, symptôme et outil de civilisation

3. De l’extériorisation à l’intériorisation
Une civilisation de la pudeur
La solitude des mourants

4. Perspectives ontogénétique : le cas Mozart
5. Entre psychanalyse et anthropologie
III. Une sociologie du temps long
1. Une longue patience
Norbert Elias par lui-même
2. Une réflexion sur le temps
Qu’est-ce que le temps ?
Une critique des philosophes

3. Une évolution non évolutionniste
4. Sociologue ou historien ?
Le retrait des sociologues dans le présent
Un défi à l’histoire

IV. Une sociologie de l’espace d’interactions
1. Identités communautaires
Établis et marginaux
Au-delà de Marx
Nous et moi

2. Interdépendance et configurations
La société des individus
Le modèle du jeu
Une sociologie des configurations

3. Par-delà l’individu et la société
Une opposition qui n’existe pas
Une révolution copernicienne
Qu’est-ce que la sociologie ?

Conclusion
1. Un effort de scientificité
Contre la métaphysique
Contre la téléologie
Contre la normativité

2. L’élimination des faux problèmes
Contre le logicisme
Contre le causalisme
Contre la pensée discontinue
Contre les découpages disciplinaires

3. Un défi à la sociologie
Repères bibliographiques
Table des encadrés.