Sociologie des mouvements sociaux

Érik NEVEU

Alors que les taux de participation politique déclinent dans de nombreuses démocraties, les mouvements sociaux apparaissent comme une forme montante de l’expression politique. Comment en rendre compte ?
Ce livre offre une synthèse cohérente d’une énorme littérature savante. Parmi les énigmes qu’il tente d’éclairer : pourquoi certains groupes se mobilisent-ils plus facilement ? En quoi les mobilisations révèlent-elles des problèmes parfois négligés par les autorités politiques ? Pèsent-elles sur les politiques gouvernementales ? Quel rôle les médias jouent-ils dans les mobilisations ? Comment l’État tente-t-il de les « domestiquer » ?
Au fil des chapitres et des concepts, ce sont aussi des questions actuelles qui émergent : se mobilise-t-on dans les pays des Suds comme dans ceux du G8 ? Jusqu’à quel point peut-on parler d’une mondialisation de certaines mobilisations ? Existe-t-il une séparation si nette entre mouvements sociaux et partis ? De quelles satisfactions, émotions et contraintes l’expérience protestataire est-elle faite ?
À l’heure des « gilets jaunes » et des mobilisations pour faire face au réchauffement climatique, ce livre aide à comprendre les conflictualités sociales du présent, tout autant que leur refoulement.

Version papier : 10 €
Version numérique : 7,49 €
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Détails techniques
Collection : Repères n°207
Parution : octobre 2019
ISBN : 9782348054624
Nb de pages : 128
Dimensions : 120 * 190 mm
ISBN numérique : 9782348055041

Érik NEVEU

Érik NEVEU

Érik Neveu est professeur émérite de science politique dans l'équipe rennaise d'ARÈNES. Ses travaux portent sur le journalisme et la télévision, les mouvements sociaux et les circulations internationales de théories dont les «Cultural Studies». Il est l’auteur ou le co-auteur de Repères sur ces sujets. Il a co-dirigé en 2017 un collectif sur les pratiques d'enquête intensive en journalisme et sciences sociales (avec P. Leroux, En immersion, PUR, 2017). Ses travaux actuels se recentrent sur les mobilisations avec une recherche collective sur les conséquences biographiques des engagements militants (Activists Forever ? Avec Olivier Fillieule, Cambridge University Press, 2019) et un travail en cours sur les trajectoires de « Soixante-huitards ordinaires ».

Table des matières

Introduction
I / Qu’est-ce qu’un mouvement social

Dimensions de l’action collective
L’agir ensemble comme projet volontaire - Organisations contre mobilisations : confusion interdite ? - L’action concertée en faveur d’une cause
La composante politique des mouvements sociaux
Une action « contre » - Les tendances à la politisation des mouvements sociaux - Politiques publiques, opacité, politisation
Une arène non institutionnelle ?
L’arène des conflits sociaux - Un registre d’action dominé ?
Instituer l’action collective : répertoires et organisations
L’empreinte de l’Histoire - La question de l’organisation
Espaces des mouvements sociaux
Le modèle de Kriesi - Interdépendances et trajectoires
II / Les obstacles à l’analyse
Penser relationnellement les mouvements sociaux
Exit, voice and loyalty - Les « entre-deux » de la protestation
Problèmes sociologiques et enjeux politiques
La psychologie des foules - Le refoulement de l’héritage marxiste
III / Les frustrations et les calculs
Les théories du « comportement collectif »
Un label accueillant - Pourquoi les hommes se révoltent-ils ?
Quand Homo oeconomicus entre en action
Le paradoxe d’Olson - La « RAT » et le durcissement du modèle - Du bon usage du calcul rationnel
IV / La mobilisation des ressources
Les dénominateurs communs
La filiation olsonienne
Les mouvements sociaux comme économie et « industrie » - Entrepreneurs et « militants moraux »
Sociologiser le cadre théorique
Partir de la structuration sociale - Structure sociale et mouvements sociaux
L’apport d’une sociologie historique
La variable organisation : de la logistique à la sociabilité – Stratégies - La dimension du temps long
V / De « nouveaux » mouvements sociaux ?
La texture du « nouveau »
Les luttes de l’après-société industrielle
La « révolution silencieuse » du postmatérialisme - Vers un nouvel ordre social
Un bilan contrasté
Un effet « trente glorieuses » ? - Les dividendes de l’innovation
Renouveler le nouveau
VI / Militantisme et construction identitaire
Une approche sociologique du militantisme
Déterminants et rétributions du militantisme - L’effet « surrégénérateur »
Mutations du militantisme ?
Identités militantes
Nous/Je - Mobilisations identitaires
Vers une économie des pratiques
VII / Systèmes politiques et configurations d’interdépendance
Les répertoires du « policer »
Réprimer et contenir - Formater et négocier
Des outils aux structures
Systèmes ouverts et fermés - La structure des opportunités politiques - Concept ou mot-valise ?
Prendre au sérieux la multiplicité et l’hybridité des acteurs
Élargir la vision du jeu - Art et ambivalences de l’expérience mouvementiste
Quel espace politique pertinent ?
VIII / La construction symbolique des mouvements sociaux
La redécouverte du « travail politique »
Mobiliser le consensus
Problématiser, raconter, émouvoir
Permanence et dimensions du symbolique - Stratégies plurielles, convergence de perspective
La place des médias dans les mobilisations
Mises en scène et mobilisations de papier - Les médias, acteurs des mouvements sociaux - Le registre thérapeutique
Désenclaver l’analyse des mouvements sociaux
Conclusion
Repères bibliographiques.

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