L'économie informelle dans le tiers monde

Bruno LAUTIER

L'expression « économie informelle » est une invention des institutions internationales (Banque mondiale, BIT...) pour désigner des réalités très diverses (commerce de rue, trafic de drogue, emploi non déclaré dans de grandes firmes et emploi des domestiques...). Avant 1985, les institutions internationales voyaient surtout dans l'économie informelle le lieu de développement de stratégie de survie. Mais depuis lors, la paupérisation urbaine, le sous-emploi massif et catastrophe sociale qui accompagnent les politiques d' « ajustement structurel » dans les pays du tiers monde ont eu tendance à faire de l'économie informelle la solution à tous les problèmes sociaux. D'où l'intérêt des réponses que ce livre tente d'apporter aux questions suivantes : Quelles sont les caractéristiques de l'économie informelle ? Quelles relations entretient-elle avec l'économie formelle ? Que signifie la tolérance - voire l'encouragement - de l'État envers une illégalité aussi massive ? L'économie informelle peut-elle remplacer l'État dans son rôle de prestataire de services collectifs et les grandes firmes dans la fourniture de biens à un prix compétitif ? Dans de nombreuses régions du monde, l'économie informelle, n'a-t-elle pas vaincu l'économie formelle plus par forfait que par K.O. ?

Version papier : 10 €
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Détails techniques
Collection : Repères n°155
Parution : mai 2004
ISBN : 9782707136466
Nb de pages : 128
Dimensions : 110 * 180 mm
Façonnage : Broché

Bruno LAUTIER

Bruno Lautier, économiste et sociologue, est professeur à l'université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne (IEDES). Il est considéré comme l'un des meilleurs spécialistes de l'économie informelle.

Extraits presse

« L’un des meilleurs spécialistes de l’économie informelle présente une brève synthèse fort suggestive. Le lecteur n’est pas assommé de chiffres et de citations ; il apprend, au fil d’exemples choisis sur les cinq continents, à dénouer la logique d’un phénomène aux multiples visages. »
ÉTUDES

« Certains (Serge Latouche, François Partant) voient [dans l’économie informelle] l’amorce d’une société alternative à la société marchande, d’autres (la Banque mondiale) un amortisseur de crise. De qui se moque-t-on, s’indigne Bruno Lautier, dans ce livre petit, mais remarquable et tonique. »
ALTERNATIVES ÉCONOMIQUES

« La démonstration rigoureuse de Bruno Lautier tend à prouver que l’économie informelle maintient ceux qui en dépendent aux marges de la citoyenneté, qu’elle réduit le contrôle de l’État sur les sociétés, au profit de puissances plus douteuses. »
FAIM DÉVELOPPEMENT MAGAZINE (CCFD)

« Ce livre aux dimensions modestes est le meilleur ouvrage que nous ayons lu sur l’économie informelle. »
L'AURORE

PRESSE

 

Table des matières

Introduction - I / Le premier âge de l'économie informelle (1971-1987) : débats sur la définition et politiques de formalisation - 1. L'informalité avant le mot - 2. L'apparition et la victoire de la notion de « secteur informel » - 3. Le débat sur la définition et le repérage du « secteur informel » - Les définitions muticritères - Le critère de la taille - Le critère du non-respect de la loi - 4. L'économie informelle et les politiques de formalisation - II / Le deuxième âge de l'économie informelle (1987-2004) : lutte contre la pauvreté et économie solidaire - 1. Le rôle social de l'économie informelle - 2. L'économie informelle : une économie hyperflexible ? - 3. L'économie informelle, lieu de déploiement de la débrouillardise et de la solidarité - La débrouillardise - La solidarité - 4. Économie informelle et lutte contre la pauvreté - III / Pourquoi il n'y a pas de « secteur » informel - 1. Le problème méthodologique posé par le découpage sectoriel - L'impossibilité de séparer les deux « secteurs » - L'hétérogénéïté de l'économie informelle et ses « segments » - 2. Le rapport à la loi : le mélange de légalité et d'illégalité - IV / Ce qui structure et différencie l'économie informelle - 1. Les barrières à l'entrée - Les barrières financières - Les barrières non financières - 2. Les différentes logiques en œuvre : maximisation du profit et accumulation ; solidarité familiale et stratégies de survie - Logique de maximisation du profit et accumulation - Solidarité familiale et stratégie de survie -V / Les relations entre économies formelle et informelle - 1. Les relations commerciales - La sous-traitance - Les achats à l'économie formelle - 2. Les relations passant par la mobilité professionnelle - La mobilité au long du cycle de vie - La mobilité en courte période - 3. Macro-économie locale, formation et circulation du revenu entre les économies formelle et informelle - Formation du revenu familial, et articulation entre économies formelle et informelle - Dépense du revenu et système d'emploi local - VI / L'État et l'économie informelle - 1. L'insuffisante capacité de contrôle de l'État - 2. L'excès de réglementation comme cause de l'informalité - 3. Tolérance étatique et contrôle de l'informalité - 4. Informalité et criminalité - 5. Informalité et citoyenneté - Conclusion - Repères bibliographiques.

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