Géopolitique en Repères

L'une des ambitions de « Repères » est de couvrir le champ des sciences sociales, sans exclusive a priori. Se pose donc périodiquement la question de ses frontières. Certes, malgré notre souci d'ouverture, et l'existence d'un marché, nous résistons à l'intrusion de l'astrologie... 

Mais nous nous posions depuis un certain temps déjà la question de la géopolitique. Il y avait quelque paradoxe à la contourner alors que c'est dans la « Petite Collection Maspero » qu'Yves Lacoste avait publié La géographie, ça sert, d'abord, à faire la guerre (1976). Plus de quarante ans après, dans la maison d'édition de la longue série des « états du monde », nous levons l'embargo, prudemment. La géopolitique, omniprésente dans les médias, ce qui n'est pas un argument, l'est désormais de plus en plus dans l'enseignement supérieur et elle vient de faire son entrée au lycée, ce que nous ne pouvons ignorer.

Nous sommes toutefois conscients que le statut épistémologique de cette discipline, longtemps discréditée par une origine associée au pangermanisme allemand, reste discuté par les géographes, les historiens ou les politistes. C'est pourquoi nous commençons logiquement par une « Introduction », dont l'auteur est Cédric Tellenne. Ensuite, les sujets à traiter ne manqueront pas : il suffit de suivre l'actualité des relations internationales pour en dresser la longue liste. La sélection se fera selon les critères habituels de la collection, exigeants...

 

La vie intellectuelle n'échappe pas aux modes. Certains auteurs, longtemps encensés, parfois vénérés, disparaissent de l'horizon des nouvelles générations, puis font leur retour. Si les éditeurs ne parviennent pas à orchestrer ce mouvement cyclique, ils s'efforcent de l'accompagner. Il n'est pas bon d'être trop en retard, mais il n'est pas préférable d'être trop en avance non plus. La nouvelle édition du « Repères » consacré à Gramsci, de George Hoare et Nathan Sperber, nous laisse penser que, dans ce cas, nous étions dans le rythme.

 

Ce qui devient une gageure quand tout s'accélère. L'illustre très bien le cas de l'audiovisuel, dont Alain Le Diberder analyse la nouvelle économie, entrée dans sa quatrième phase, celle de YouTube et Netflix. En l'espèce, sous l'effet conjugué du progrès technique et de la mondialisation, ce sont les régulateurs qui semblent dépassés. Et plus encore les citoyens, s'ils ne disposent pas d'un « Repères » actualisé...

 

 

Pascal Combemale, directeur de la collection « Repères »

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