Économie du bonheur

Lucie DAVOINE

Qu’est-ce qui nous rend heureux ? Notre mariage ? Nos enfants ? Une promotion ? Le sentiment d’avoir bien fait notre travail ? Psychologues, médecins et sociologues se penchent sans aucun doute sur le sujet, mais l’économie, appelée parfois la « science lugubre », peut aussi apporter des éléments de réponse à la question essentielle de la nature et des causes du bonheur.
Au tournant des années 2000, le nombre d’articles et de livres publiés par des économistes sur le bonheur a crû de manière exponentielle. Comment expliquer une telle révolution ? Quels sont les méthodes et les principaux enseignements de l’économie du bonheur ? Les économistes ont cherché à savoir si l’argent faisait le bonheur et si la croissance économique s’accompagnait de mieux-être. Rien n’est moins sûr. Le contexte social et culturel joue un rôle crucial : inégalités, chômage, défiance au sein de la société, absence de participation civique sont autant de facteurs qui contribuent à miner le moral. Le bonheur, une donnée éminemment individuelle, désormais sondée et mesurée, se retrouve alors au cœur de débats politiques.

Version papier : 10 €
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Détails techniques
Collection : Repères n°592
Parution : février 2012
ISBN : 9782707167033
Nb de pages : 128
Dimensions : 120 * 190 mm

Lucie DAVOINE

Lucie Davoine a écrit une thèse d’économie et publié de nombreux articles sur la qualité de l’emploi en Europe, la satisfaction au travail et l’économie du bonheur. Elle a mené ses recherches au Centre d’études de l’emploi et au Centre d’économie de la Sorbonne. Elle est actuellement administratrice à la Commission européenne.

Extraits presse

Associer économie et bonheur, ce n'est pas évident en ces temps de crise financière. Les chercheurs étudient pourtant cette corrélation depuis les années 1950, remarque Lucie Davoine. Cette jeune doctorante - spécialisée sur la satisfaction au travail, la qualité de l'emploi en Europe et l'économie du bonheur - publie son premier livre en solo sur ce sujet. Elle y explique, en détail mais sans lourdeur, les "méthodes employées, la signification des concepts utilisés" dans cette discipline. Une fois ces bases énoncées, elle s'intéresse au "paradoxe d'Easterlin" qui veut que la croissance économique aux Etats-Unis n'ait pas rendu ses citoyens plus heureux. Et pose son analyse : "Ce n'est pas la croissance en tant que telle qui compte, mais la manière dont elle est produite (...), consommée, distribuée, partagée." L'économie, mais pas seulement. Le bonheur est lié à une multitude de facteurs - travail, vie privée, religion, culture, institutions politiques... -, tous décortiqués par les économistes, psychologues ou sociologues. Lucie Davoine fait le point sur les théories existantes, leurs limites, les débats.

27/02/2012 - Léa Davy - Le Monde Economie

 

Table des matières

Introduction
I / L’économie du bonheur a travers ses méthodes
L’économie du bonheur : une révolution ?
L’économie néoclassique : l’utilité révélée par les comportements - Pour une mesure directe du bonheur : des précurseurs à l’engouement actuel - L’économie du bonheur : l’achèvement du programme utilitariste ? - Interdisciplinarités : vers une science du bonheur ?
Le bonheur appréhendé par les économistes
Le bonheur : des menus plaisirs à l’épanouissement personnel - Le bonheur mesuré à travers les enquêtes - Des mesures alternatives : la Day Reconstructing Method de Kahneman
Le bonheur déclaré : une donnée biaisée ?
Les arguments des économistes : entre imagerie cérébrale et économétrie
Notre corps nous trahit - Les réticences des économistes sont-elles solubles dans l’économétrie ? - La question des comparaisons internationales - La preuve par l’usage ?
II / L’argent fait-il le bonheur ? Un débat fondateur et vivant
Le paradoxe d’Easterlin revisité : les récentes controverses autour de la relation entre le revenu et le bonheur
Les riches sont plus satisfaits : heureux comme Crésus ?
L’argent peut-il tout acheter ?
Les habitants des pays riches sont-ils plus heureux ?
La croissance rend-elle heureux ?
Faut-il regretter le « bon vieux temps » ? - Croissance économique et bonheur sont-ils corrélés ?
La satisfaction : une question d’adaptation ?
Le revenu des autres : jalousie ou sympathie ?
III / Travailler pour être heureux ?
La « désutilité » du travail : une notion revisitée par l’économie du bonheur
Le malheur du chômage…
Satisfactions et bonheur au travail : quelles préférences ? quelles valeurs ?
Qu’est-ce qui est important dans un emploi ? Les préférences déclarées - Qu’est-ce qui est important dans un emploi ? Les préférences révélées - Les indépendants : vive l’autonomie !
La qualité de l’emploi s’est-elle dégradée ?
La réponse des données subjectives
Intensification du travail et perte d’autonomie - La montée de la précarité et du chômage nourrit les peurs
- La « défiance » au travail aggrave le malaise des travailleurs - La conciliation entre vie familiale et vie professionnelle est de plus en plus difficile
Le bonheur après le travail : loisirs et consommation améliorent-ils notre bien-être ?
La qualité du temps en dehors du travail : une radiographie - Le temps en dehors du travail : une gestion sous-optimale ?
IV / Le bonheur au cours du cycle de vie
Au bonheur des dames : d’autres paradoxes
Des femmes satisfaites de leur emploi ? - Des femmes de moins en moins heureuses
Personnalité, santé et bonheur
Happy end : ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants…
Mariage, naissance, divorce, décès : avec le temps, va, tout s’en va - Qu’est-ce qu’un mariage heureux ? - Quelles sont les causes du divorce ?
Âge et bonheur : le blues de la trentaine et la déprime des quadras
V / Institutions, politiques et valeurs
La démocratie et la découverte de l’« utilité procédurale »
La confiance et la solidarité : le ciment des sociétés heureuses
Les sociétés égalitaires sont-elles plus heureuses ?
L’État-providence assure-t-il le bonheur des individus ?
Dépenses publiques et bonheur : existe-t-il une corrélation ? - Protection de l’emploi et sentiment de sécurité dans l’emploi : un paradoxe - Syndicat et insatisfaction : un paradoxe ?
La religion : anxiolytique du peuple ?
Good Bye, Lenin !
La culture : une clé pour comprendre le malaise français ?
L’école ou l’apprentissage du bonheur ?
L’école rend-elle heureux ? - Apprendre le bonheur
VI / L’économie du bonheur : quel intérêt pour les politiques publiques ?
L’enthousiasme sur le terrain politique
La critique de la croissance - Vers de nouveaux indicateurs : « compter ce qui compte vraiment » - Le bonheur : une commune mesure pour arbitrer et décider ? - La santé mentale : un objectif politique
La portée normative de l’économie du bonheur en question
L’économie du bonheur peut-elle se dérober aux critiques de l’utilitarisme ? - Pourquoi la satisfaction déclarée ne serait-elle pas un critère satisfaisant ? - L’économie du bonheur : un retour en grâce du paternalisme ?
Du bon usage de l’économie du bonheur
Conclusion
Repères bibliographiques.

Droits étrangers

THE ECONOMY OF HAPPINESS




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