La crise des dettes souveraines

Anton BRENDER, Émile GAGNA, Florence PISANI

La crise de la finance globalisée a été lourde de conséquences pour les États des pays développés. Afin d’éviter un effondrement de l’activité, ils ont accepté, à la fin des années 2000, de laisser leurs déficits budgétaires se creuser, jetant ainsi les germes d’une autre crise, celle des dettes souveraines. S’ils ne veulent pas que leur solvabilité soit mise en doute, ils doivent maintenant enrayer la hausse du poids de leur dette. Mais ils ne peuvent le faire rapidement sans freiner dangereusement l’activité.
Face à ce dilemme, les gouvernements de la zone euro ont tenté un ajustement budgétaire rapide. L’activité a été asphyxiée, les équilibres sociaux ébranlés... et la hausse du poids des dettes publiques s’est souvent poursuivie. Les États-Unis n’ont pas commis la même erreur : leur effort budgétaire progressif a permis aux comportements de dépense privée de se normaliser et à la croissance de reprendre. Quant au Japon, il s’est dit, début 2013, prêt à maintenir un déficit public important pour sortir de la déflation. Presque partout, le poids des dettes publiques, déjà élevé, continue donc de monter. Il ne pourra le faire indéfiniment.
La crise des dettes souveraines n’a pas fini de faire parler d’elle...

Version papier : 10 €
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Détails techniques
Collection : Repères n°601
Parution : novembre 2013
ISBN : 9782707177643
Nb de pages : 128
Dimensions : 120 * 190 mm

Anton BRENDER

Anton BRENDER

Anton Brender est professeur associé à l’université Paris-Dauphine. Il a publié dans la collection « Repères »La France face aux marchés financiers (2004) et La France face à la mondialisation (4eéd., 2004). Économiste chez Candriam Investors Group, il a également publié avec Florence Pisani, chez Economica, Les Marchés de la croissance (2001) et La Nouvelle Économie américaine (2004) ; enfin, dans la collection « Repères », Les Déséquilibres financiers internationaux (2007), La crise de la finance globalisée (2009), La crise des dettes souveraines (nouvelle éd., 2013), Monnaie, finance et économie réelle (2015) et L’Économie américaine (2018).

Émile GAGNA

Émile Gagna est diplômé de l' Ensae et de l'université de Paris-Dauphine.

Florence PISANI

Florence PISANI

Florence Pisani est économiste chez Candriam Investors Group. Elle a publié, avec Anton Brender, chez Economica, Les Marchés et la croissance (2001) et La Nouvelle Économie américaine (2004) ; et dans la collection « Repères », Les Déséquilibres financiers internationaux (2007), La crise de la finance globalisée (2009), La crise des dettes souveraines (nouvelle éd., 2013), Monnaie, finance et économie réelle (2015) et L’Économie américaine (2018).

Extraits presse

Voilà plus de trois ans que le sujet — la crise des dettes souveraines — est d’actualité. Ses auteurs, Anton Brender, Florence Pisani et Emile Gagna, trois éminents économistes de Paris-Dauphine, y expliquent comment les Etats-Unis, le Japon, mais aussi les pays européens, sont arrivés dans cet état d’endettement abyssal, et décryptent les stratégies mises en place par les uns ou les autres pour sortir de l’ornière. Si le lecteur peut faire l’impasse sur certaines formules mathématiques réservées aux initiés, il apprendra beaucoup sur cet enjeu clé du moment.

12/06/2012 - Le Parisien

 

Dans un style sobre, parfois un peu technique, ce petit livre déboulonne trois idées reçues sur la crise actuelle. Première idée : le gonflement des dettes publiques serait dû au laxisme budgétaire des Etats. Faux, répondent les auteurs, modèles économétriques à l'appui : elles découlent principalement de la chute d'activité qui a suivi la crise financière de 2008. Sans creusement des déficits budgétaires, cet effondrement aurait d'ailleurs été encore bien pire. Deuxième idée : le problème des dettes publiques est surtout un problème européen. Encore faux : les Etats-Unis et le Japon font face au même dilemme que l'Europe. Ils naviguent eux aussi entre le double écueil d'une perte de solvabilité s'ils tardent trop à assainir leurs comptes publics et une stagnation économique prolongée s'ils le font trop vite. A cet égard, chacun poursuit une stratégie différente, l'austérité à marche forcée que s'impose la zone euro n'étant manifestement pas la meilleure. Enfin, troisième idée : la crise des dettes publiques est la dernière phase de la crise. Malheureusement, encore faux : les titres publics des Etats développés avaient jusqu'à présent la qualité d'actif sans risque. La perte de ce statut - on l'observe déjà en Europe - peut déstabiliser le bilan des banques et les capacités de crédit de ces dernières. Au-delà, elle fait aussi peser une lourde menace pour la stabilité des changes dès lors que la crédibilité de la stratégie budgétaire d'un pays ou d'une zone à monnaie de réserve peut être mise en doute. Instructif.

01/07/2012 - Sandra Moatti - Alternatives économiques

 

L’excellente collection « Repères » des éditions La Découverte fournit un nouveau livre clair et bien charpenté. En considérant les situations du Japon, des États-Unis et de l’Europe, les auteurs montrent les enjeux et les dangers des politiques spécifiques de ces trois ensembles : danger pour l’Europe de tuer la croissance par un retour trop brutal à l’équilibre budgétaire, danger pour les États-Unis d’un effondrement budgétaire provoqué par une poursuite effrénée de la croissance économique, danger pour le Japon de dépenses sociales entraînées par le vieillissement avancé de sa population. Un petit espoir se cache dans une revalorisation progressive des devises des pays émergents. Ce qui suppose des ajustements internationaux d’autant plus difficiles à négocier que, la crise aidant, chacun cède à la tentation d’un repli frileux sur ses frontières économiques passées.

01/10/2012 - Julio Schumacher - Etudes

 

Table des matières

Introduction
I / Dette souveraine, dette privée
La nature particulière de la dette publique
L’État lève l’impôt - L’État bat monnaie - L’État a un pouvoir de contrainte
Les limites à l’endettement public
L’approche théorique - L’approche empirique
II / D’une crise à l’autre
Un choc déflationniste d’une violence extrême
La menace d’une chute libre de l’activité - Une stabilisation réussie
La nécessité de rééquilibrer les budgets des économies développées
Les économies développées en situation délicate - Des « stratégies de sortie » non coordonnées
Des implications dangereuses pour la croissance mondiale
Un monde « non ricardien » - Une croissance contrainte par le désendettement
III / Le piège japonais
Un endettement jusqu’ici « sans pleurs »
Le choc des années 1990 - Une dette publique aux mains des résidents
Une dynamique de la dette impossible à enrayer rapidement
Une transformation progressive des conditions de l’endettement public - Un rééquilibrage budgétaire risqué pour la croissance - Un effort toujours reporté ?
Un défi de plus en plus difficile à relever
Hausse du prélèvement fiscal… ou retour de l’inflation ?
IV / Le pari américain
Une décennie de creusement du déficit public
Une discipline budgétaire incertaine
Un délicat retour à l’équilibre
Rééquilibrer le budget… - … en préservant (autant que possible) la croissance
Un risque calculé ?
La nécessité d’une réforme des programmes sociaux - Un équilibre du marché obligataire assuré par l’extérieur… - ou par la Réserve fédérale
V / Le drame européen
La vulnérabilité européenne
Une discipline budgétaire longtemps négligée - La divergence inattendue des comportements
financiers privés
Un engrenage infernal
D’une crise grecque… - … à une crise de l’euro
Le retour de la contrainte extérieure
VI / Le système financier et monétaire international ébranlé
Système financier, actifs sans risque et activité
Comportements d’épargne, comportements de prise de risque - Titres sans risque, titres risqués
Une réduction de la capacité d’intermédiation financière internationale
La division internationale de la prise de risque - Le rôle central des banques européennes
Une menace pour la stabilité des changes
Vers une appréciation du change réel des économies émergentes ? - Un change euro/dollar en équilibre précaire
Conclusion
Repères bibliographiques.

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