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En parlant de « communication », de « société de l'information » ou d'« économie de la connaissance », on laisse souvent penser que le savoir se réduit à une masse de données segmentées, isolées, brevetables et commercialisables comme n'importe quelle marchandise. Devant cette vision appauvrie et sclérosée, Yves Citton renverse la perspective et révise notre imaginaire du savoir. Il montre que les Humanités, souvent considérées comme poussiéreuses voire inutiles, cultivent une compétence incontournable, celle de l'interprétation. Très loin de la simple « lecture » automatisée d'informations computables, revêche à toute réduction économiste, l'interprétation est une activité qui demande à être cultivée par un soin très particulier. La dynamique propre à ce geste diffus dans toutes nos pratiques est faite de tâtonnements, d'errances et d'erreurs, de suspens, de sauts, de bifurcations, de rencontres - où l'intuition (esthétique) joue un rôle aussi important que la systématicité (scientifique). Devant l'emballement de la course au profit, l'exacerbation des inégalités sociales et le mur écologique qui nous font face, affirme Yves Citton, une reconsidération des Humanités est indispensable pour quiconque se préoccupe de l'avenir de l'humanité.
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Collection : Hors collection Sciences Humaines
Parution : mai 2011
Format : EPub
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Prix : 11,99 €
ISBN : 9782707165350
Nb de pages : 204
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 | | Yves Citton est professeur de littérature à l’université de Grenoble et chercheur au CNRS (UMR LIRE). Il a publié aux Éditions Amsterdam Mythocratie. Storytelling et imaginaire de gauche (2010), Lire, interpréter, actualiser. Pourquoi les études littéraires ? (2007), et L’Envers de la liberté. L’invention d’un imaginaire spinoziste dans la France des Lumières (2006). Il est membre du collectif de rédaction de la revue Multitudes et collabore régulièrement à la Revue Internationale des Livres et des Idées. |
Introcduction.Économie de la connaissance ou cultures de l'interprétation ? Qu'entend-on dire de « l'économie de la connaissance » ? Quelles voies critiques ont déjà été frayées ? L'intellectualité diffuse et l'avenir des Humanités 1. Comment penser et présenter nos savoirs ? Toute connaissance est une interprétation Volatilisation, aspirations et marges d'interprétation Régimes de discours et degrés d'adhésion La connaissance comme court-circuit de l'interprétation 2. Comment dansons-nous la valse de l'interprétation ? Lecture vs. interprétation Recognition vs. Interprétation « Un cerveau, c'est du vide » Les trois temps de l'interprétation 3. Comment contracter le futur ? Le temps du pressentiment L'art de la précipitation Fragilité de l'interprétation et force du collectif La vaticination constituante 4. Quelles conditions réunir pour interpréter ? L'aménagement de vacuoles protectrices L'impératif d'inaction L'importance comme questionnement et sentiment La protection d'une énonciation indirecte Libre circulation et libre accès au bien commun Le filtre paradoxal 5. Comment former des interprêtes ? De la captation privative à l'inter-prêt participatif Du capital humain à la singularité collective La décapitation des icebergs Les sous-cultures comme émergences de formes de vie L'enseignement de l'interprétation inventrice Humanités appliquées, critiques, postcritiques 6. Comment humaniser l'avenir ? « La vie et la vraie vertu de l'esprit » Chacun est un artiste Interprétation, humanisation et faitichisme Conclusion. Politiques de l'interprétation, politiques des Humanités L'hypothèse du capitalisme cognitif Le capitalisme est-il soluble dans l'interprétation ? Cheveux, décodages et déluges Cultures de l'interprétation, cultures de gauche Cultiver l'avenir des Humanités Remerciements Indications bibliographiques Index des noms Index des notions
« Parmi les clichés qui structurent notre vision du monde présent, l’un des plus récurrents est sans conteste celui qui veut que nous vivions désormais dans des «sociétés de l’information» ou des «économies de la connaissance». Cette affirmation ? incontestable, si l’on songe au développement exponentiel d’Internet, et en particulier de Google et de Wikipédia ? s’accompagne d’un jugement optimiste, comme si la prolifération des informations était, à elle seule, un bien en soi. Or c’est faire fi de toutes les interrogations que cette situation soulève. Les termes d’«information» et de «connaissance» sont-ils synonymes, donc interchangeables? Quel sens donner à l’expression d’«économie de la connaissance», ou, comme le formulent certains, de «capitalisme cognitif»? Et quelles questions de fond cette juxtaposition d’une rationalité économique et d’un principe abstrait, voire spirituel, pose-t-elle? Ainsi de suite. C’est d’abord à clarifier toutes ces notions que s’emploie Yves Citton dans L’Avenir des humanités. » LE MAGAZINE LITTERAIRE
PRESSE
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