Histoire de la société de l'information

Armand MATTELART

Quel lien établir entre la gouvernance par la trace, fruit de la numérisation, et la figure ancienne d’une société perfectible fondée sur le calcul ? En quoi la surveillance est-elle devenue un phénomène de masse ? Pourquoi l’exploitation des big data engendre-t-elle de tels fantasmes d’omnipuissance ? En quoi la guerre globale au terrorisme a-t-elle reconfiguré les systèmes, procédures et protocoles de cybercontrôle ? Quelles sont les logiques et quel est le rôle des acteurs marchands ? En quoi la reconnaissance du principe de l’« universalité de l’Internet » est-elle devenue centrale dans l’optique du partage des savoirs ?
Pour répondre à ces questions, cet ouvrage croise le temps long et la perspective géopolitique. Attentif aux continuités, ruptures et dérives, il donne à voir la gestation d’une promesse et d’un schéma de réorganisation du monde. Son originalité est d’aller au-delà des mythes en passant au crible les zones d’opacité du projet de « société de l’information ». Une notion qui s’est longtemps donnée d’évidence sans que les citoyens aient pu exercer leur droit à un vrai débat sur sa genèse.

Version papier : 10 €
Facebook Twitter Google+ Pinterest
Détails techniques
Collection : Repères n°312
Parution : juillet 2018
ISBN : 9782348036170
Nb de pages : 128
Dimensions : 120 * 190 mm

Armand MATTELART

Armand MATTELART

Expulsé du Chili, après y avoir séjourné onze ans, lors du coup d’État du 11 septembre 1973, Armand Mattelart intègre alors l’université française. Il est aujourd’hui professeur émérite de sciences de l’information et de la communication à l’université Paris-VIII. Il a notamment publié, aux éditions La Découverte L’Invention de la communication (1994 ; Poche, 2011), Histoire de l’utopie planétaire (1999 ; Poche 2009) et La Globalisation de la surveillance. Aux origines de l'ordre sécuritaire (2007 ; Poche, 2008).

Table des matières

Introduction - I. Le culte du nombre - Organiser la pensée -L’algorithme - La langue universelle - Organiser le territoire -La statistique : science de l’État et du commerce - La mutation géostratégique - Réorganiser le monde -L’utopie géométrale des révolutionnaires - L’âge de l’histoire probable - II. La gestion de l’âge industriel et scientifique - Vers la société fonctionnelle -La société comme industrie - Contre l’industrialisme - La raison actuaire -La division du travail mental - L’homme moyen, une norme fédératrice - Préfigurations de la société des réseaux -La cité mondiale et la fiche documentaire – La décentralisation postindustrielle - III. L’émergence du paradigme techno-informationnel - L’enjeu géopolitique : la contrainte bipolaire - Vers l’automatisation du champ de bataille – La recherche opérationnelle et les think tanks - L’enjeu scientifique : la définition et la mesure de l’information -La théorie mathématique de la communication - Une matrice comptable - L’enjeu civilisationnel : une histoire de la logistique de la pensée - La tentation déterministe - Les technologies de la mémoire - IV. Scénarios postindustriels - Le débat sociologique -Du discours des fins à la société postindustrielle - Des savants au-dessus de la mêlée - Les filiations de la nouvelle société fonctionnelle - L’avenir comme champ d’expertise -Le boom de la prévision - La démocratie interactive - La grille géopolitique de l’âge global - L’avènement de l’ère technétronique - De la diplomatie de la canonnière à la diplomatie des réseaux - V. Les politiques publiques à l’épreuve du libre-échange - Le modèle politico-administratif -La Computopolis nipponne - Le rapport Nora-Minc, une philosophie de la crise - Vers le modèle libéral concurrentiel -Les États-Unis et l’affaiblissement de la tutelle étatique - L’essaimage de la notion de société de l’information - La déréglementation des télécoms -Les opérateurs globaux - La promesse des autoroutes de l’information - Vers la « Société globale de l'information » - Quelle Europe du savoir ? -La « fracture numérique » - : un laboratoire pour la gouvernance des problèmes globaux - VI. Les enjeux géopolitique de l'architecture réticulaire - Global Information Dominance: le contrôle stratégique des réseaux - Soft power : imposer la règle du jeu - Cyberwar ou la guerre propre - Le capitalisme sans frictions comme techno-utopie réticulaire -Un monde sans médiateurs - Un monde sans cloisons - Un monde sans lois - L'ébranlement des techno-utopies - Crises des mythes - Propagation du paradigme sécuritaire - Les « sociétés du savoirs » comme utopie possible - Diversification des enjeux et des acteurs - La propriété intellectuelle au défi des biens publics communs - Conclusion - Repères bibliographiques - Index des noms propres.